Le climat du bassin Méditerranéen change rapidement évoluant vers un système plus sec et caractérisé par plus de précipitations extrêmes. Le fonctionnement physique de la Méditerranée, et en particulier le processus de convection profonde, risque ainsi d’être fortement impacté dans le futur (Somot, 2006), avec des conséquences directes pour la ventilation des eaux profondes, des écosystèmes pélagiques et le cycle du carbone (Herrmann, 2018). A noter que la Mer Méditerranée répond bien plus rapidement et intensément à ces changements, que l’océan global (Cacho et al 2002), notamment à cause du renouvellement sur quelques décennies seulement de ses masses d’eau profondes.

Une augmentation de température des eaux profondes de l’ordre de 0.3°C a déjà été observée depuis les années 1950 (Bethoux et al., 1990 ; Krahmann, 1998), et des projections à l’horizon 2100 prédisent une augmentation des températures de surface de 2 à 3 (Adloff et al., 2011), ce qui pourrait notamment perturber les cycles de reproduction de nombreuses espèces marines (Lejeusne, 2010).

Cette évolution est liée au phénomène de mélange vertical hivernal induit par des vents froids et secs canalisés par le relief montagneux qui ventile les eaux intermédiaires et profondes et fait évoluer leurs propriétés. Le Mistral et la Tramontane (froids et secs), induisent du mélange vertical violent qui peut atteindre de grandes profondeurs dans le Golfe du Lion qui est une zone préconditionnée au niveau océanique, et même parfois jusqu ‘au fond (2500m) en moyenne en février. On observe alors un « Blue hole » sur les images satellites de couleur de l’eau qui indique la zone mélangée avant l’efflorescence printanière la plus importante de la Méditerranée généralement observée en moyenne en avril alors que la colonne d’eau se stratifie.

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 Somot, 2006)

 Herrmann, 2018)

Cacho et al 2002),

Bethoux et al., 1990

Krahmann, 1998

Adloff et al., 2011

Lejeusne, 2010

 

Les images de couleur de l’eau sont très informatives sur la dynamique de la région et de son effet sur le phytoplancton. La circulation générale de la Méditerranée nord occidentale suit un parcours cyclonique le long du talus continental. Elle est composée du courant Ouest-Corse et du Courant Nord et présente une recirculation au large, le long du front Nord-Baléares. Cela forme un gyre cyclonique à l’échelle du bassin qui est bien illustré par les contrastes à grande échelle en couleur de l’eau. Ces images montrent aussi une forte activité tourbillonnaire sur-imprimée qui est fortement liée à des processus de mélange et d’instabilité provoquant des mouvements verticaux océaniques et des injections de nutriments dans la couche euphotique et ainsi une croissance phytoplanctonique dans des régions très localisées (tourbillons, filaments).