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Réseau hydrologique annuelle « grande échelle »

Le suivi temporel des caractéristiques hydrologiques aux points fixes (mouillages) est complété par un suivi de leur distribution spatiale à l’échelle régionale (de la surface jusqu’au fond) assuré par la réalisation d’un réseau de stations réparties en « étoile » du Golfe du Lion à la mer Ligure et centré sur la zone de convection profonde. Il est complémentaire du réseau de plate-formes autonomes (gliders, flotteurs profileurs) et du réseau de mouillages qui mesurent seulement quelques variables (capteurs physiques et bio-optiqes). De plus, les couches profondes sont moins bien échantillonnées (plate-formes autonomes limitées à 1000 ou 2000m) et les stations CTD réalisées jusqu’au fond (~2500-2800m dans la plaine abyssale) sont les seules mesures avec les mouillages profonds qui permettent d’étudier les variations à ces profondeurs.

Ce suivi spatial est un point essentiel pour obtenir un suivi correct de l’évolution interannuelle des masses d’eaux (caractéristiques T, S, et les « core parameters ») en relation avec la dynamique du Gyre Nord, c’est à dire du système composé par le Courant Nord et sa recirculation au sud (courant Nord-Baléares + courant Ouest-Corse). Il est très important d’avoir une image assez claire de l’état du bassin du nord au sud, et d’est en ouest. Le but de cette campagne hydrographique en parallèle de la maintenance des mouillages, est de fournir cette information sur un nombre relativement restreint de paramètres (Tableau 2), ceux qui peuvent être mesurés automatiquement avec des capteurs sur toute la colonne d’eau (T, S, O2, fluorescence, turbidité, spectre de particules-UVP,…),  puis calibrés avec des échantillons d’eau et quelques-uns mesurés uniquement à partir des échantillons d’eau (sels nutritifs, DIC, pigments). Un recensement des données dans la sous-région « Méditerranéenne occidentale » a été réalisé dans le cadre de l’inventaire de la DCSMM qui révèle une hétérogénéité dans la répartition spatiale de l’effort d’échantillonnage des campagnes océanographiques pour les sels nutritifs. Certaines zones, comme le Golfe du Lion (notamment la zone sous influence rhodanienne) et la mer Ligure, ont été intensément étudiées proche des côtes, alors que peu ou pas d’échantillonnage n’a été effectué dans le centre et le sud de la région, dont les données sont récentes et essentiellement issues des campagnes MOOSE 2010-2014.

La campagne hydrologique MOOSE-GE récolte des données de profils CTD, LADCP, oxygène, fluorescence, spectre de particules avec une couverture spatiale à l’échelle du bassin dans les principaux traits de circulation (Courant Nord, Courant Ouest-Corse, front Nord-Baléares et zones de convection au centre du gyre nord). Le réseau de stations couvre l’ensemble de la Méditerranée Nord-occidentale, à savoir sa partie côtière, sa partie centrale où se situent les zones de formation d’eau dense et enfin sa partie stratifiée, oligotrophe entre les Baléares et la Sardaigne. La frontière sud du domaine entre Sardaigne et Baléares a été fixée à 40°N pour documenter suffisamment la zone sud stratifiée même en hiver ainsi que les échanges (entrée d’eau Atlantique et sortie d’eau dense) entre la Méditerranée nord occidentale et le Bassin Algérien. Cette cartographie est cohérente avec les objectifs des programmes HyMeX et MERMeX concernant les bilans de matière et l’étude des échanges côte/large. Il a servi de modèle aux réseaux qui ont été réalisés dans le cadre des campagnes (DOWEX, septembre 2012 et 2013, DEWEX février et avril 2013) visant à étudier le bloom printanier et son préconditionnement sur le cycle saisonnier, MOOSE y apportant la composante estivale.

A chaque station, les mesures de temperature, salinite, courants (LADCP) sont réalisées. Le LADCP est contraint par le SADCP et le « bottom track ». L’analyse d’echantillons d’eau pour calibrer la sonde en salinité est faite une fois par jour (à peu près toutes les 5 stations) en privilégiant des échantillons dans des zones marquées du profil TS (maximum de salinité dans LIW, couches de surface d’AW peu salées et les couches profondes de WMDW où la variabilité est faible. Chaque station permet de collecter des échantillons d’eau de mer à des niveaux fixes et variables, pour leur analyse à bord ou à terre après conditionnement