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L’influence des bassins fluviaux sur la zone côtière et la zone du large des mers fermées comme la Méditerranée a été reconnue depuis le début des années 1970 comme un facteur clé des bilans biogéochimiques au sein des sédiments et de la colonne d’eau. Les premières études ont mis en évidence la grande hétérogénéité des rivières de la Méditerranée en termes de ruissellement des eaux, de décharge de sédiments et de flux d’éléments nutritifs associés, principalement en raison de la grande variabilité climatique de cette région, des conditions d’utilisation des sols et des facteurs socio-économiques (Vollenweider et al. 1996; Markaki et al. 2008; Giani et al. 2012).

Les apports d’eau douce par les rivières pourraient avoir considérablement diminués au cours des cinquante dernières années sous l’effet conjugué du changement climatique et utilisation accrue des ressources en eau (Ludwig et Meybeck, 2003, Ludwig et al., 2009). De plus, les activités humaines ont fortement réduit l’apport de sédiments en suspension par les rivières, notamment suite à la construction massive de barrages apparus dans le bassin versant méditerranéen au cours de la seconde moitié du siècle dernier. Les flux d’éléments nutritifs sont également étroitement liés au développement économique, principalement en raison de l’épandage accru d’engrais. Cependant, les niveaux de nutriments dans les rivières sont également sensibles aux politiques et au comportement de la société (Kempe et al. 1991; Grizzetti et al. 2012; Romero et al. 2013; Margat et Treyer, 2004), et toutes les espèces de nutriments n’ont pas suivi les mêmes tendances. Un exemple typique en est les charges de phosphore inorganique dissous qui ont considérablement diminué au cours des années 1980 et 1990 en raison de l’interdiction des détergents phosphatés et de l’amélioration de la purification des eaux usées et d’une baisse de l’utilisation des engrais phosphatés dans les bassins versants.

Les crues soudaines et violentes sont typiques du régime hydrologique méditerranéen et représentent de loin la majeure partie du transport total de particules fluviales (Eyrolle et al., 2012). Sans stratégie d’échantillonnage adaptée à la prise en compte de ces évènements exceptionnels, les bilans d’apport à la mer ne pourraient être qu’imparfaitement estimés. Cela est particulièrement vrai pour les petites rivières, où le rapport de débit de crue sur le débit annuel moyen est souvent supérieur d’un ordre de grandeur à celui des rivières non méditerranéennes (Estrela et al., 2000; Ludwig et al., 2009).  Les petites rivières sont naturellement moins importantes dans les bilans globaux, mais elles sont très typiques du bassin versant de la Méditerranée. L’ajout de leurs flux est loin d’être négligeable et peut même dépasser le transport matériel des grandes rivières. En outre, les petits bassins hydrographiques méditerranéens étant très réactifs aux caractéristiques climatiques locales, ils peuvent être plus vulnérables face aux changements climatiques et les modifications de la fréquence des événements climatiques extrêmes (inondations, sécheresses) peuvent avoir des conséquences graves sur les flux fluviaux.

 

Vollenweider et al. 1996;

Markaki et al. 2008;

Giani et al. 2012

Ludwig et Meybeck, 2003,

Ludwig et al., 2009

Kempe et al. 1991

Grizzetti et al. 2012

Romero et al. 2013

Margat et Treyer, 2004

Eyrolle et al., 2012

Estrela et al., 2000

Ludwig et al., 2009